L’histoire de Marrakech
Dans le passé, le Maroc était connu en orient sous le nom de Marrakech, cette appellation est d’ailleurs toujours en cours en Iran, le nom Maroc provient lui-même de la déformation de la prononciation espagnole de Marrakech : Marruecos.
Carrefour de plusieurs voies de circulation, Marrakech a un double rôle historique de place d’échanges et de ville–entrepôt. Les pistes caravanières, partant des lointaines rives du Niger, traversent l’Atlas après les relais des oasis pré-sahariennes et convergent à Marrakech d’où elles se déploient en direction des ports atlantiques et méditerranéens. Les fluctuations de ces courants d’échanges ponctuent ces phases d’expansion ou de régression. Sa prospérité dépendait à la fois de sa fonction de capitale et de contrôle qu’elle pouvait exercer historiquement sur ce système commercial à grand rayon. Pour cela, son histoire se présente plutôt en ligne brisée ou se distinguent trois périodes d’expansion remarquables :
1. Fin du XIe siècle jusqu’au milieu du XIII, avec les Almoravides et les Almohades
2. XVIe et le début du XVII avec les Sa’adiens
3. A partir du milieu du XVIII, nouvelle expansion avec les Alaouites
1. Marrakech fut fondée en l’an 1062 (an 454 de l’Hégire), par Youssef Ibn Tachfin, premier souverain de la dynastie Almoravide. Très vite, à Marrakech, sous l’impulsion des Almoravides, de nombreuses mosquées et médersas (écoles de théologie coranique) furent construites. La ville rouge grandit rapidement et s’imposa comme un centre culturel et religieux influent. Elle devient le noyau, la capitale de l’empire Des Almoravides.
La ville, fut ensuite fortifiée par le Youssef Ben Ali, fils de Youssef Ibn Tachfin, par la construction de remparts sur plusieurs kilomètres. L’architecture de Marrakech a été influencée par Fès. Ces deux villes sont le rayonnement culturel et architectural du Maroc, mais aussi du Monde Arabo/Musulman. Ce sont elles qui ont Inspiré Al Andalus et qui l’ont déversé au Monde Arabe.
En 1147, les Almohades s’emparèrent de l’enceinte de la ville. La presque totalité des monuments fut détruit. Les Almohades construisirent de nombreux palais, édifices religieux et monument, comme par exemple, la célèbre mosquée de la Koutoubia construite sur les ruines d’un palais Almoravide et les jardins de la Menara.
Afin d’alimenter la palmeraie et les grands jardins, un système d’irrigation fut perfectionné. Marrakech, par rayonnement culturel attira de nombreux écrivains et artistes, venus notamment d’Andalousie.
Marrakech fut conquise par les nomades mérinides en 1269. La ville rouge tomba alors dans une certaine léthargie, et son déclin entraîna la perte de son statut de capitale au profit de sa grande rivale, Fès.
2. Au début du XVIe siècle, Marrakech redevient la capitale du royaume, atteint rapidement son apogée, en particulier grâce au sultan Saadien, Mohammed El Mahdi. De par la fortune amassée par les sultans, la ville rouge fut embellie, les monuments en ruine alors restaurés et de somptueux palais édifiés. Le palais bâti par les Saadiens, el Badi, est une réplique de l’Alhambra, réalisée avec les matériaux les plus précieux provenant d’Italie, du Soudan, des Indes et même de Chine. Un protocole fastueux inspiré du Topkapi d’Istanbul y est appliqué. Malgré leur opposition aux Turcs, les Saadiens sont attirés par la civilisation ottomane. Un vestige de cette influence réside dans le nom du quartier de Derb Dabachi, qui dérive du terme « ogdabachi » et désigne un officier supérieur dans la hiérarchie militaire ottomane.
3. À la fin du XVIIe siècle, l’actuelle dynastie alaouite succéda aux Saadiens. Marrakech perdra encore son statut de capital car le trône sera successivement transféré à Fès puis à Meknès, nouvelle ville impériale.
Au début du XXe siècle, Marrakech connaît quelques années de guerres civiles. C’est en 1912, avec l’instauration du protectorat français au Maroc que la ville rouge retrouva son calme.
En 1956, le retour d’exil du roi Mohammed V sera fêté à Marrakech comme dans le reste du pays.
